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EXPERT ART d'ASIE Cristina ORTEGA Expert CNES et CEFA rts de la Chine et du Japon Asian Art-

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Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo
Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo
Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo
Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo

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Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo
Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo
Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo
Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo
 

Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo

Description :
Saut de kiyomitsu

Peinture japonaise en rouleau – Femme sautant du balcon de Kiyomizu, époque Edo

Encre et pigments sur papier

Dimensions de la peinture : 125 × 52 cm

Dimensions totales du rouleau : 193 × 65,5 cm

Tomobako avec commentaire de collectionneur.

 

Cette peinture japonaise montée en rouleau, réalisée à l’époque Edo, représente une femme en kimono saisie en plein vol, juste après avoir sauté du célèbre balcon du temple Kiyomizu-dera à Kyoto. Jambes repliées, elle tient une ombrelle retournée — symbole de protection devenue inutile. Les yeux bandés, elle se livre au vide avec une expression de calme résignation. Son kimono largement ouvert dévoile son corps, partiellement dissimulé par son pied dans un ultime geste de pudeur. La composition est d’une grande finesse, mêlant érotisme discret, tension dramatique et poésie silencieuse.

 

Ce sujet rare illustre le proverbe japonais 清水の舞台から飛び降りる (Kiyomizu no butai kara tobioriru) – « sauter de la scène du Kiyomizu », expression toujours vivante signifiant « faire un saut de foi », « prendre un risque décisif ». Inspirée d’une ancienne coutume populaire de l’époque Edo, cette croyance voulait que sauter du balcon du temple Kiyomizu puisse exaucer un vœu si l’on survivait à la chute. Plus de 200 personnes ont réellement sauté, avec un taux de survie important grace à la végétation de l’ époque jusqu’à l’interdiction formelle de la pratique au XIXe siècle.

 

Très peu d’œuvres reprennent ce thème. Une estampe célèbre de Suzuki Harunobu, vers 1765, montre une femme en plein saut, ombrelle à la main, mais elle n’est pas dénudée et ne porte pas de bandeau. Son coté osé explique qu’elle ne soit pas signée.

Cette peinture va plus loin. Par le retournement de l’ombrelle, l’aveuglement volontaire et la tension entre dévoilement et pudeur, elle offre une lecture philosophique : celle de l’absurdité d’un don sincère qui ne rencontre rien. Elle incarne le concept de mitate — procédé central de l’esthétique japonaise consistant à réinterpréter un thème classique pour en révéler une vérité plus intime, souvent mélancolique.

 

Cette œuvre rare de l’époque Edo, interroge de façon poétique et esthétique sur la solitude du désir, la vulnérabilité du geste offert, et le regard du monde qui, souvent, ne saisit que la nudité et non le sens du saut. Une pièce exceptionnelle pour les collectionneurs d’art japonais ou les amateurs de peinture érotique.

 

Japanese scroll painting – Woman jumping from the balcony of Kiyomizu-dera temple, Edo period

Ink and pigments on paper

Painting dimensions: 125 × 52 cm

Total scroll dimensions: 193 × 65.5 cm

Tomobako

 

This Japanese scroll painting, created during the Edo period, depicts a woman in a kimono caught in mid-air, just after jumping from the famous balcony of the Kiyomizu-dera temple in Kyoto. With her legs folded, she holds an upturned parasol—a symbol of protection that has become useless. Blindfolded, she surrenders to the void with an expression of calm resignation. Her wide-open kimono reveals her body, partially concealed by her foot in a final gesture of modesty. The composition is exquisite, blending discreet eroticism, dramatic tension, and silent poetry.

 

This rare subject illustrates the Japanese proverb 清水の舞台から飛び降りる (Kiyomizu no butai kara tobioriru) – "jump from the Kiyomizu stage," a still-resonant expression meaning "to take a leap of faith" or "to take a decisive risk." Inspired by an ancient folk custom from the Edo period, this belief held that jumping from the balcony of Kiyomizu Temple could grant a wish if one survived the fall. More than 200 people actually jumped, with a high survival rate thanks to the vegetation of the time, until the practice was formally banned in the 19th century.

 

Very few works depict this theme. A famous print by Suzuki Harunobu, circa 1765, shows a woman in mid-jump, umbrella in hand, but she is not naked and is not wearing a headband. This painting goes further. Through the reversal of the umbrella, the willful blindness, and the tension between unveiling and modesty, it offers a philosophical reading: that of the absurdity of a sincere gift that encounters nothing. It embodies the concept of mitate—a central process in Japanese aesthetics consisting of reinterpreting a classical theme to reveal a more intimate, often melancholic truth.

 

This rare work from the Edo period poetically and aesthetically questions the solitude of desire, the vulnerability of the offered gesture, and the gaze of the world, which often captures only nudity and not the meaning of the leap. An exceptional piece for collectors of Japanese art or lovers of erotic painting.